Les NTICs vocales pour Radio Sikidolo, au Mali

Adama Tessougué, journaliste de Radio Sikidolo travaille à Konobougou, un petit village à 150 km de Bamako, dans une région rurale du Mali. Chaque jour la voix de Adama informe et divertit au moins 50.000 auditeurs dans 39 communes autour de Konobougou. «Informer sans déformer» est écrit sur les murs du couloir de la radio, où nous rencontrons Adama et ses collègues.
AdamaTessougue
«Oubliez le Web ou le mobile, la radio est le plus grand média en Afrique», Mawuna Remarque KOUTONIN, écrit dans son blog Silicon Africa. «La raison est simple, un grand nombre d’Africains sont encore non-alphabetisées…. »

Si on veut améliorer la communication avec le Web, ici au Mali la radio et le mobile doivent être les principales interfaces au Web. Ainsi, l’accès au Web traditionel, basé sur le mot écrit, n’est pas la solution, dans ces conditions rurales Africaines. Ici on aurait plutôt besoin d’un Web vocal.

À Sikidolo il n’y a pas de connexion internet fixe. Adama Tessougué peut vérifier son courrier électronique en utilisant une connexion Internet mobile, mais cela est très coûteux, – il paie une taxe par minute en ligne – pour ça il n’accède le Web que rarement. Communication ici est basé sur la parole.

Nous visitons Radio Sikidolo pour parler avec Adama sur un nouveau service vocal de micro-blogging, qui a été récemment installé pour les radios au Mali. Ce service est nommé Foroba Blon. La voix de l’interface de ce service mobile est en langue bambara ou bomu, permettant aux utilisateurs de communiquer avec le système dans leur propre langue locale.
Adama travaille avec une cinquantaine de journalistes citoyens indépendants, qui distribuent les nouvelles des villages environnants. Ils recueillent des annonces et signalent des nouvelles : les mariages, enterrements, fêtes, accidents, parfois des vaches et des chèvres perdues. Ces blogs vocaux sont envoyés à la radio par mobile.

Le système Foroba Blon a été développé par une équipe de la Fondation Web, la Université VU Amsterdam, North-West University de l’ Afrique du Sud, et l’ONG malienne Sahel Eco, en collaboration avec plusieurs stations de radio au Mali, y compris ORTM Ségou et Radio Moutian à Tominian.

Plusieurs stations radio au Mali sont intéressées à accéder aux nouvelles qui sont diffusées par radio Sikidolo. Ainsi, en élargissant le service de micro-blogging pour les autres stations de radio, et en leur permettant de partager des ressources basés sur la voix, cela pourrait éventuellement devenir ce que nous pouvons nommer le Web de radios africaines.

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Un système d’information du marché, à base de voix, pour Zakary Diarra, agriculteur et producteur de miel au Mali

Zakary Diarra, agriculteur, apiculteur et producteur de miel, vit dans le petit village Bokuy-Mankoina, dans le sud-est du Mali. Dans ce village, il n’ya pas de connexion Internet. Toute la communication est basé sur la voix. Pour Zakary les principaux canaux d’information sont le téléphone mobile et la radio communautaire. Depuis quelques années, une nouvelle approche, introduite par ONG malienne Sahel Eco, a changé la vie de Zakary. Il bénéficie maintenant d’un service d’information du marché, basée sur la téléphonie mobile et la radio. L’idée de ce service c’est d’aider les agriculteurs à produire plus de cultures d’arbres, tels que le miel, les noix et le beurre de karité.Mali november 2011

«Malgré les crises alimentaires qui ont affecté le Sahel, ces derniers temps, les pénuries alimentaires sont moins fortes dans des zones à forte densité d’arbres. Petits agriculteurs créent des systèmes agricoles plus productifs et plus résilients à la sécheresse, grâce au reverdissement, qu’ils ont récemment introduit dans leurs terres», explique Chris Reij de l’Université VU d’Amsterdam. Selon Mary Allen de Sahel Eco, les ménages pauvres peuvent améliorer leurs revenus en vendant des produits forestiers, comme du bois de chauffage, des fruits, des noix et du miel. En outre, les arbres améliorent la qualité du sol et fournissent du fourrage pour le bétail.

Pour améliorer la chaîne de valeur des produits forestiers non-lignieux, un système d’information du marché, basé sur la voix, a été construit par les développeurs de l’Université Libre d’Amsterdam (VUA), de la Fondation Web, et de l’Université du Nord-Ouest en Afrique du Sud, en collaboration avec les agriculteurs, Sahel Eco et plusieurs stations de radio du village, y compris Radio Moutian et Radio ORTM Ségou, dans un projet nommé VOICES et une initiative nommée W4RA. Ce système d’information du marché a été surnommé RadioMarché.

Depuis le deployement de RadioMarché, Zakary collecte des offrandes des agriculteurs voisins, les agrégeant dans des offres de groupe. Ce service, qui est tout à fait basé sur la voix, permet aux agriculteurs de diffuser ses offrandes de miel et de beurre de karité sur la radio locale.

J’ai demandé l’avis de Zakary sur cette initiative. Zakary m’a répondu: «Mon revenu de la vente de miel a presque doublé entre 2010 et 2011. Maintenant j’ai plus de stabilité financière, qu’avant ce projet. Je suis en mesure de payer la scolarité de mes quatre enfants et j’ai même pu acheter une charrette et un âne, l’année dernière.
honeybottles

Si je n’avais pas participé dans ce projet, je continuerait comme agriculteur régulier, et j’aurais raté cette opportunité de devenir un entrepreneur en miel. Je suis déterminé à augmenter le nombre de ruches, et je conseille à d’autres dans le village de faire le même, pour que nous en groupe puissions augmenter notre production de miel et le volume de nos ventes, pour répondre à la demande des clients. «Je vois les avantages de ce service RadioMarché, qui a amélioré la confiance et la collaboration entre les producteurs et les vendeurs de miel. Je suis également content d’être une personne de contact pour le système d’information du marché RadioMarché, puisque ce rôle est très apprécié dans mon village. Il y a même des gens qui m’appellent Sozakary , ce que signifie Zakary du miel».